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Cela fait plusieurs mois déjà que les Français sont prévenus : les eaux en bouteille peuvent présenter un danger pour la santé en raison de leur contamination par les microplastiques. Mais une enquête de Mediapart a révélé une autre mauvaise nouvelle.
Un constat alarmant
Ce jeudi 31 octobre, Mediapart a dévoilé son rapport sur les eaux en bouteille. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le constat est assez terrifiant. Les experts ont alerté sur une « contamination non maîtrisée » des eaux minérales commercialisées au supermarché.
Plusieurs grandes marques adorées des Français feraient d’ailleurs l’objet de cette contamination. Et c’est la multinationale Nestlé qui n’aurait pas assez bien vérifié ses eaux en bouteille.
Or, l’entreprise assure qu’il s’agit juste de projections hypothétiques. Les ingénieurs ont tout de même assuré que ces dires sont totalement faux. Nestlé aurait d’ailleurs gardé un document de juin 2022 secret.
Mediapart a pu mettre la main dessus : « Le rapport classé ‘confidentiel’ signale l’existence de 20 défaillances et non-respects de la réglementation portant sur la qualité des eaux et la pollution environnementale causée par son activité ».
Les ingénieurs qui ont écrit ce rapport alertent d’ailleurs sur « le risque de concentrations d’arsenic dépassant les seuils de sécurité alimentaire » pour plusieurs eaux en bouteille de Nestlé.
Après une inspection des usines de l’entreprise, les experts ont découvert « des structures souterraines, de faux murs en inox et des armoires dissimulant des traitements interdits sur les eaux minérales naturelles vendues ».
Trois marques d’eaux en bouteille concernées
Le Service National d’Enquête de la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF), l’Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS) et l’Agence Régionale de Santé des Vosges vont alors enquêter sur le sujet.
Mais d’après Mediapart, Nestlé aurait décidé de mettre en place une enquête interne. Et les rapports « ne doivent être ni copiés ni partagés avec des tiers ».
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Alors que la concentration d’arsenic ne doit pas dépasser 10 µg/L, les ingénieurs ont enregistré 12 voire 13 µg/L dans trois marques d’eaux en bouteille. Le risque pour les consommateurs reste alors considéré comme « élevé ».
Et pour cause, l’arsenic peut avoir un effet cancérigène s’il est consommé en trop grosse quantité. Nestlé a mis en place des filtres au dioxyde de manganèse (MnO2). Et ce, dans le but de réduire la teneur naturelle en arsenic, depuis 2012.
En revanche, seulement 60 % des eaux minérales font l’objet d’un traitement. Les 40 % restantes, quant à elles, restent à l’état brut. Dans les eaux en bouteilles, les deux restent mélangés. Ainsi, le risque pour la santé s’avère très élevé.
Contacté par Mediapart, Nestlé assure que les ingénieurs ont procédé à une mauvaise traduction du rapport, rédigé en anglais. Avant d’assurer aussi qu’il ne s’agit que d’hypothèses. Selon les experts, il y a tout de même trois eaux en bouteille à éviter.
Il s’agit des marques Hépar, Contrex et Vittel. Alors qu’il s’agit simplement d’un scénario possible selon Nestlé et l’ARS (Agence Régionale de Santé), les consommateurs doivent faire preuve de prudence.
